Pandémie à l’uni : Entre urgence et prise de recul
Dans quelques jours, cela fera 3 mois que tout ce qui concerne l’enseignement se passe à distance à l’université. Je profite de ce billet de blog pour réfléchir sur ce que j’ai vécu pendant ces 3 mois. Deux termes me semblent bien traduire les deux besoins essentiels auxquels nous avons dû faire face : urgence et prise de recul.
Pour introduire le premier, je cite la première phrase d’une invitation que j’ai reçue ce matin pour un webinaire organisé par le réseau EDEN (European Distance Education Network) : « The current pandemic has accelerated demand for the transition from traditional education to its online equivalent. » Il est indubitable que la pandémie a eu une conséquence généralisée : elle nous a obligés à trouver de façon urgente comment pallier la distance rendue nécessaire dans l’enseignement par le confinement.
Concrètement, un exemple où j’ai vu l’urgence. Lors de la mise en place des solutions pour les examens de la session de juin, beaucoup des hautes écoles suisses ont décidé de le faire notamment avec des tests dans Moodle. Dans l’urgence, certaines hautes écoles ont aussi décidé d’empêcher les étudiant·es d’effectuer une navigation libre dans ces tests pour diminuer les possibilités d’échanges entre étudiant·es, les « tricheries ». Mais, cette navigation avait aussi pour conséquence de ne pas permettre aux étudiants de revenir en arrière sur une question, pendant la durée de l’examen, pour vérifier ou corriger leur réponse. En faisant une telle prise de recul, des universités comme la nôtre ont décidé de conseiller à leurs enseignants ne pas appliquer une telle navigation contrainte dans les tests.
On pourrait multiplier les exemples où l’urgence forçait à trouver rapidement une solution pour une situation d’enseignement à distance et où la prise de recul a permis de trouver un meilleur équilibre entre tous les tenants et aboutissants de la solution finalement mise en place.
On peut penser que la préparation de l’année universitaire 2020-21 se fera moins dans l’urgence. Mais, un déconfinement total ne s’annonçant pas encore, cette préparation pourra par contre certainement profiter de la prise de recul que les étudiant·es et les enseignant·es pourront bientôt faire sur les expériences d’enseignement et d’apprentissage qu’ils ont faites pendant le semestre de printemps 2020. Une enquête sur ces expériences permettrait de connaître les réflexions issues de cette prise de recul.
